"Statut : Étudiant Hospitalier"

11/10/2017

Quand on devient externe, on change tout un tas de statuts. On devient salarié du C.H.U., on est plus affilié à la sécu étudiante et tout ça engendre un tas de paperasse.
Alors c'est quoi ce statut ? Ben au fond, quand t'es en stage planqué (c'est-à-dire pas prenant DU TOUT), ça change pas grand chose à quand tu étais un D1 en sémio...
Bon j'exagère. Mon stage à moi, c'est la chirurgie orthopédique. Les stages de chirurgie ne sont pas les plus intéressants, soyons honnêtes, mais il faut bien que tout le monde remplisse sa fonction d'étudiant hospitalier, voyons, enfin. En fait, au bloc, on est juste des plantes vertes et on sert plus à déranger les infirmières qu'à décorer la salle.

On peut pas voir le patient de près parce qu'on est pas en stérile, il y a des câbles et des tuyaux de partout, l'anesthésiste et tout son barda et il y a bien sûr le chirurgien et sa ribambelle d'internes agglutinés telles des plaquettes dans un thrombus autour du patient. (Bon j'en fais un peu trop, en général y'a que 2 internes)

Nous avons le luxe d'avoir une caméra accrochée aux lampes au dessus de la table d'opération :

Juste là
Juste là

Sauf que dans 63,75% des cas exactement, on voit juste la tête du chirurgien sur l'image parce qu'il la met au-dessus de lui... Alors je vous raconte pas les 4h debout à regarder une calotte bleue pendant que vos jambes souffrent le martyr.

Parce que oui, j'ai un problème de reflux veineux donc c'est une torture inimaginable. Surtout quand on doit être là à 7h45 et qu'on sait pertinemment que ça ne servira à RIEN.

Je suis un peu mauvaise langue, j'ai appris 2-3 trucs quand même... À l'occasion, quand je chirurgien se souvient que l'on existe (et franchement, je me demande comment il fait), il nous explique ce qu'il trifouille entre deux vertèbres et pourquoi ça sent la viande grillée. (Dès que ça saignote, il cautérise, donc bon, la chair humaine brûlée à 8h du mat, croyez-moi, ça donne envie de gerber ses chocapics)

Non, ce qui est plutôt intéressant dans les stages d'ortho, c'est quand on va en consult. C'est encore plus rare que d'aller au bloc, mais là, on apprend vraiment des choses. J'ai de la chance d'être dans le groupe qui ne commence pas par les cours de la fac, on a donc 1 mois pour apprendre à notre rythme les polys avant les cours des profs. Du coup, comme on connait absolument nos petits cours par coeur (hum hum), en consult, on comprend ce qu'il se dit ! Et c'est là la vraie différence avec la D1 sémio.

On comprend ce qu'il se dit.

Bon, pas tout tout, mais on suit l'interrogatoire correctement, on comprend les tests que fait l'interne et si on même un peu balèze sur les bords, on peut deviner les questions avant que l'interne ne les pose, et là, on est vraiment le boss du game.

J'ai vu des tas de gens différents qui venaient souvent pour le même problème : mal au dos et aux jambes. Ça rend un peu triste parce que la plupart du temps, il n'y a pas grand chose à faire. Il faut attendre que ça se résorbe tout seul (#herniediscaletmtc) ou pire, ça ne partira jamais vraiment. Dans les deux cas, ça part sur du doliprane, ou plus fort si c'est vraiment douloureux et les patients ont l'air un peu déçus, s'attendant sans doute à une sorte de chirurgie magique qui les sauvera comme par miracle de leur radiculalgie.


Ce qui est vraiment bien, c'est que je suis avec un interne super cool qui m'intègre vraiment à sa consultation : il me demande ce que j'en pense, me laisse interpréter de l'imagerie, m'invite à penser mes questions, mon interrogatoire, ma capacité d'analyse.

C'est alors là, et seulement là, que je ressens enfin pleinement mon statut "Étudiant hospitalier".

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Presque Docteur - Kinesine
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